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Fiche de maintenance · Poisson d’eau douce

Cichlidé de Burton : aquarium, groupe et cohabitation

Astatotilapia burtoni se maintient dans un aquarium spacieux, avec une eau plutôt dure et des refuges qui interrompent la vue entre les poissons. Prévoyez au moins 300 L pour un mâle et trois femelles, sans considérer ce volume comme une garantie contre les poursuites. Le mâle dominant défend son territoire, surtout pendant la reproduction : une solution de séparation doit rester disponible.

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  • 6 min de lecture
  • 4 sources
Aquarelle : Cichlidé de Burton (Astatotilapia burtoni) dans une eau turquoise lumineuse, avec une vue de trois quarts et un détail dans une bulle.
Sommaire14 parties
  1. À retenir
  2. Carte d’identité
  3. Valeurs en aquarium
  4. Un bac organisé autour des refuges
  5. Une eau alcaline, sans rechercher les extrêmes
  6. Une alimentation variée, distribuée sans favoriser le dominant
  7. Un mâle territorial et des femelles à surveiller
  8. Une reproduction avec incubation buccale
  9. Le bac type
  10. Cohabitation
  11. Confusions et idées reçues
  12. Mini-quiz
  13. Questions fréquentes
  14. Sources

Carte d’identité

Nom scientifique
Astatotilapia burtoni
Famille
Cichlidae
Autres noms
Haplochromis burtoni, haplochromis de Burton
Milieu
Eau douce
Origine
Afrique orientale, bassin du lac Tanganyika, dans les zones côtières peu profondes et les cours d’eau associés.
Couche de nage
Toute la hauteur
Vie sociale
En couple ou en harem
Tempérament
Territorial
Régime
Omnivore
Difficulté
Moyenne

Reconnaître le mâle et la femelle

Le mâle adulte est généralement plus grand et plus coloré, avec des marques sombres sur la tête et des ocelles évoquant des œufs sur la nageoire anale. La femelle reste plus discrète, mais un mâle dominé peut lui ressembler : faites confirmer le sexe avant de constituer le harem.

Rangée avec les cichlidés d’Amérique.

Aquarelle : Cichlidé de Burton, mâle et femelle l'un au-dessus de l'autre dans une eau turquoise.
Le mâle en haut, la femelle en bas.

Valeurs en aquarium

Fourchettes indicatives pour un aquarium domestique. Elles varient selon les sources, les souches d’élevage et l’origine des animaux ; le contexte de chaque valeur est donné dessous.

  • Température22 à 28 °C

    FishBase et les fiches aquariophiles donnent des limites différentes ; cette plage couvre leurs repères, avec une maintenance stable préférable aux variations entre ses extrêmes.

  • pH7,5 à 9

    FishBase et Seriously Fish décrivent une eau alcaline ; la limite supérieure ne constitue pas une cible à atteindre systématiquement.

  • Dureté totale (GH)10 à 25 °dGH

    FishBase et Seriously Fish situent l’espèce dans une eau moyennement dure à dure ; les fiches ne donnent pas toutes les mêmes limites.

  • Taille adulte7 à 15 cm

    Les femelles restent plus petites ; FishBase rapporte un maximum de 15 cm en longueur totale, caudale comprise, et Seriously Fish utilise une mesure sans la caudale.

  • Volume conseillé300 L ou plus

    Ce volume prudent concerne le harem proposé ; les fiches aquariophiles insistent sur l’espace territorial et les refuges, et le repère général RSPCA ne suffit pas à prévoir les conflits.

  • Longueur de bac120 cm ou plus

    Cette façade laisse davantage de place aux territoires et aux barrières visuelles ; la largeur et l’aménagement restent déterminants.

  • Groupe4 individus ou plus

    Le groupe proposé comprend un mâle et trois femelles, conformément au principe de femelles plus nombreuses décrit par les fiches aquariophiles ; l’espèce ne forme pas un banc.

  • Longévité en aquarium5 à 8 ans

    Aquaportail fournit le repère de longévité retenu ; cette durée ne bénéficie ici que d’une source et reste variable selon les conditions de maintenance.

Un bac organisé autour des refuges

Pour un mâle et trois femelles, partez sur au moins 300 L et 120 cm de façade, avec une bonne largeur au sol. Le cichlidé de Burton utilise les espaces ouverts pour se déplacer, mais le dominant peut aussi surveiller une grande partie du bac depuis son territoire. Répartissez donc les abris à différents endroits, plutôt que de rassembler toutes les pierres dans un seul massif. Une femelle doit pouvoir rejoindre une cachette sans traverser systématiquement la zone défendue par le mâle.

Choisissez du sable et posez les roches porteuses de façon stable, car ce cichlidé peut déplacer le substrat autour de son territoire. Des pierres, des racines et des plantes robustes peuvent interrompre les lignes de vue, à condition de laisser plusieurs sorties aux poissons poursuivis. Fixez les anubias et les fougères de Java sur un support, sans enterrer leur rhizome, la tige épaisse qui porte les feuilles. Les vallisnéries peuvent compléter le fond du décor, mais protégez leur implantation si les poissons creusent à proximité.

Une eau alcaline, sans rechercher les extrêmes

Les références situent le cichlidé de Burton dans une plage indicative de 22 à 28 °C, avec un pH de 7,5 à 9 et une dureté de 10 à 25 °dGH. Le pH indique notamment si l’eau est acide ou alcaline ; le GH mesure sa dureté, liée surtout au calcium et au magnésium dissous. Ces limites réunissent des repères différents et ne doivent pas devenir un programme de variations. Pour un groupe déjà acclimaté, une eau stable dans cette plage est préférable à des corrections répétées visant sa limite supérieure.

Cette espèce appartient au bassin du Tanganyika, mais fréquente également des eaux peu profondes et des milieux associés au lac. Demandez au vendeur dans quelle eau les poissons sont maintenus, puis comparez-la à celle de votre aquarium avant leur arrivée. Conservez un brassage qui renouvelle l’eau autour des refuges, sans obliger les femelles à rester dans le courant pour échapper au mâle. Observez particulièrement les poissons cachés : leur absence aux repas peut signaler un problème de cohabitation plutôt qu’un simple choix de repos.

Une alimentation variée, distribuée sans favoriser le dominant

Le cichlidé de Burton est omnivore et recherche naturellement des ressources variées, dont de petits invertébrés. En aquarium, proposez des aliments complets adaptés à sa bouche, complétés par de petites proies aquatiques et une composante végétale. Les petites distributions quotidiennes permettent de vérifier que chaque femelle mange réellement, au lieu de juger seulement l’appétit du mâle. Répartissez les aliments dans plusieurs zones accessibles, car un dominant peut monopoliser un point de nourrissage situé près de son territoire.

Regardez les poissons pendant le repas : une femelle peut saisir un aliment puis retourner immédiatement derrière une roche, tout en recevant une ration suffisante. À l’inverse, une femelle qui tente d’approcher et se fait chasser à chaque passage a besoin d’un aménagement différent ou d’une séparation. Les petites crevettes ne constituent pas des colocataires protégés, car elles peuvent être prises comme des proies. Une femelle en incubation buccale peut réduire fortement son alimentation ; évitez de la poursuivre pour lui faire avaler des aliments.

Un mâle territorial et des femelles à surveiller

Le mâle dominant devient généralement plus coloré et occupe un secteur qu’il défend par des parades et des poursuites. Vous pouvez le voir déployer ses nageoires, présenter son flanc ou revenir régulièrement au même emplacement du décor. Un mâle dominé peut perdre une partie de ses couleurs et ressembler davantage à une femelle, ce qui complique le sexage des groupes vendus jeunes. Demandez une identification attentive plutôt que de choisir uniquement les poissons les plus gris comme futures femelles.

Le groupe proposé comprend un mâle et trois femelles ; ajouter un rival dans le même aquarium peut déplacer le problème vers des affrontements entre mâles. Les femelles utilisent volontiers les refuges, mais elles doivent aussi pouvoir circuler et accéder à la nourriture. Une cachette occupée presque sans interruption, des nageoires abîmées ou des poursuites répétées justifient une intervention sur la cohabitation. Préparez une séparation adaptée avant l’introduction, et sollicitez un vétérinaire formé aux poissons ou un professionnel si vous observez une blessure ou un comportement inquiétant.

Une reproduction avec incubation buccale

Le cichlidé de Burton est un incubateur buccal maternel : après la ponte et la fécondation, la femelle garde les œufs dans sa bouche. Le mâle parade dans son territoire et ses ocelles sur la nageoire anale participent au comportement reproducteur. Une femelle qui incube peut présenter une région sous la bouche plus arrondie et se montrer discrète, avec un appétit réduit. Ces observations orientent vers une incubation, sans permettre d’expliquer automatiquement tout gonflement ou tout refus de nourriture.

Les jeunes peuvent apparaître sans préparation particulière lorsque les adultes disposent de conditions favorables, mais leur survie dans le bac commun reste incertaine. Les autres poissons, y compris des adultes de la même espèce, peuvent les consommer ou empêcher la femelle de se déplacer tranquillement. Évitez de capturer une femelle pour vérifier sa bouche ou de provoquer la libération des jeunes. Si vous souhaitez les élever, préparez un espace adapté et une solution d’accueil durable avant de favoriser des pontes supplémentaires.

Le bac type pour Cichlidé de Burton

Volume
300 L ou plus
Longueur
120 cm ou plus

Installez un sol sableux et des roches stables formant des refuges séparés, tout en conservant des zones dégagées. Orientez le courant pour brasser l’eau sans transformer tous les abris en passages exposés.

Plantes : Vallisneria spiralis, Anubias barteri, Microsorum pteropus.

Un mâle et trois femelles de cichlidé de Burton, sans autres poissons au départ, avec une possibilité de séparation disponible.

Un point de départ à adapter à votre eau, à votre filtration et au caractère de chaque animal.

Avec qui le faire cohabiter

Des repères généraux, à confirmer selon votre eau, votre volume et le caractère de chaque individu. L’outil de compatibilité des poissons détaille les raisons.

Souvent compatibles

  • synodontis du Tanganyika (Synodontis petricola)Son eau de maintenance est compatible et son activité est davantage liée au fond ; envisagez cette association dans un aquarium plus vaste que le bac spécifique proposé, avec des refuges distincts et des individus trop grands pour être avalés.
  • julidochromis orné (Julidochromis ornatus)Il utilise surtout les secteurs rocheux et accepte une eau dure et alcaline ; une cohabitation peut fonctionner si son territoire reste séparé de celui du cichlidé de Burton et si les poissons peuvent être retirés en cas de conflit.
  • néolamprologue à nageoires jaunes (Neolamprologus caudopunctatus)Ses besoins en eau sont proches et il peut occuper un secteur distinct du décor ; cette association demande davantage d’espace et devient plus délicate lorsque les poissons se reproduisent.

À confirmer

  • princesse du Burundi (Neolamprologus brichardi)L’eau peut convenir, mais un groupe reproducteur défend activement son secteur et peut étendre sa présence dans l’aquarium.
  • labidochromis jaune (Labidochromis caeruleus)Les paramètres peuvent se recouper, mais les territoires et l’alimentation doivent rester compatibles ; mélanger des cichlidés de lacs différents complique aussi la gestion du peuplement.
  • autres AstatotilapiaLa ressemblance peut favoriser les rivalités et compliquer l’identification des sexes ; une reproduction entre espèces proches constitue également un risque à éviter.

À éviter

  • néon bleu (Paracheirodon innesi)Il demande une eau plus douce et moins alcaline, tandis que sa petite taille l’expose aux attaques ou à la prédation.
  • combattant (Betta splendens)Ses longues nageoires et sa nage plus lente l’exposent aux poursuites d’un cichlidé territorial ; les besoins en eau ne correspondent pas non plus.
  • crevette cerise (Neocaridina davidi)Les adultes peuvent être attaqués et les jeunes sont des proies faciles ; les refuges ne garantissent pas le maintien d’une colonie.
  • ramirezi (Mikrogeophagus ramirezi)Ses besoins en eau douce et sa faible capacité à résister à un grand cichlidé territorial rendent cette association inadaptée.

Confusions et idées reçues

  • On entendIl vient du Tanganyika, donc il lui faut exactement le même bac que tous les poissons de ce lac.

    En réalitéLe cichlidé de Burton fréquente aussi les affluents et les milieux peu profonds du bassin du Tanganyika. Son aquarium doit associer des zones ouvertes, des refuges et une eau adaptée, plutôt que reproduire systématiquement un paysage entièrement rocheux.

  • On entendLes poissons gris sont forcément des femelles.

    En réalitéUn mâle dominé peut rester peu coloré. La couleur seule ne suffit donc pas pour constituer un groupe, surtout avec de jeunes poissons.

  • On entendAvec beaucoup de femelles, le mâle devient paisible.

    En réalitéDes femelles plus nombreuses répartissent les sollicitations du mâle, mais son comportement territorial demeure. Les refuges et la possibilité de séparer un poisson restent nécessaires.

Mini-quiz

Choisissez une réponse ou ouvrez la correction.

  1. Question 1 sur 3

    Où le cichlidé de Burton vit-il naturellement ?

    Voir la réponse

    Réponse : Dans le bassin du lac Tanganyika. Il vit en Afrique, dans le bassin du lac Tanganyika, notamment dans des eaux côtières peu profondes et des cours d’eau associés.

  2. Question 2 sur 3

    À quoi servent les obstacles entre les refuges ?

    Voir la réponse

    Réponse : À permettre aux poissons de se soustraire aux regards. Un poisson poursuivi peut passer derrière une roche ou un autre obstacle. Le mâle territorial ne le garde alors plus constamment en vue.

  3. Question 3 sur 3

    Où la femelle protège-t-elle les œufs ?

    Voir la réponse

    Réponse : Dans sa bouche. La femelle pratique l’incubation buccale : elle garde les œufs, puis les jeunes, dans sa bouche pendant leur développement.

Questions fréquentes

Peut-on maintenir plusieurs mâles ensemble ?

Les mâles peuvent établir une hiérarchie, mais le dominant peut poursuivre ses rivaux avec insistance. Dans le bac domestique proposé, limitez-vous à un mâle. Un aquarium beaucoup plus vaste et fortement compartimenté peut offrir davantage de possibilités, sans supprimer le risque de devoir séparer les poissons.

Pourquoi mon mâle perd-il ses couleurs ?

Chez cette espèce, la coloration varie avec le statut social et l’activité reproductrice. Un mâle dominé peut devenir terne, mais une modification de couleur ne permet pas, à elle seule, de déterminer son état de santé. Si elle accompagne une respiration inhabituelle, des blessures ou un refus de nourriture, demandez conseil à un vétérinaire formé aux poissons ou à un aquariophile professionnel.

Peut-il vivre avec des crevettes ?

Les petites crevettes et leurs jeunes peuvent être consommés par ce cichlidé omnivore. Un décor dense ne garantit pas leur protection, car il explore aussi les abris et le fond. Réservez les crevettes naines à un autre aquarium si vous souhaitez conserver leur population.

Pour aller plus loin

Sources

  1. FishBase, Astatotilapia burtoni fishbase.se
  2. Seriously Fish, base d’espèces pour l’aquarium seriouslyfish.com
  3. Aquaportail, encyclopédie aquariophile aquaportail.com
  4. RSPCA, Fish environment (installer l’aquarium) rspca.org.uk

Rédaction d’Aquanoo. Faits relus le , prochaine revue prévue en .

Chaque valeur chiffrée a été comparée aux sources citées par une seconde relecture. Ces pages synthétisent des sources publiques sans en reprendre le texte ; pour la santé d’un poisson, adressez-vous à un vétérinaire formé aux poissons.