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Fiche de maintenance · Poisson d’eau douce
Geophagus sveni : un grand cichlidé à maintenir en groupe
Geophagus sveni est un cichlidé fouilleur du bassin du Tocantins, au Brésil, et non du Paraná. Prévoyez un groupe d’au moins 6 individus dans un aquarium d’au moins 600 L, avec une grande surface de sable fin. Le nom de commerce « géophagus à tête rouge » ne suffit pas à identifier cette espèce : il désigne aussi des géophagus du groupe Tapajós.

Sommaire
- À retenir
- Carte d’identité
- Valeurs en aquarium
- Un grand bac avec du sable accessible
- Une eau tropicale peu minéralisée
- Des aliments accessibles au fond
- Un groupe actif avec une hiérarchie
- Une reproduction possible, sans couple garanti
- Le bac type
- Cohabitation
- Confusions et idées reçues
- Mini-quiz
- Questions fréquentes
- Sources
Sommaire14 parties
- À retenir
- Carte d’identité
- Valeurs en aquarium
- Un grand bac avec du sable accessible
- Une eau tropicale peu minéralisée
- Des aliments accessibles au fond
- Un groupe actif avec une hiérarchie
- Une reproduction possible, sans couple garanti
- Le bac type
- Cohabitation
- Confusions et idées reçues
- Mini-quiz
- Questions fréquentes
- Sources
Carte d’identité
- Nom scientifique
- Geophagus sveni
- Famille
- Cichlidae
- Autres noms
- Géophagus de Sven, Geophagus sp. Tocantins, ancienne appellation de commerce, géophagus à tête rouge, appellation commerciale ambiguë également employée pour des poissons du groupe Tapajós
- Milieu
- Eau douce
- Origine
- Bassin du Tocantins, au Brésil, dans des milieux fluviaux où il recherche sa nourriture sur le fond.
- Couche de nage
- Fond
- Vie sociale
- En groupe
- Tempérament
- Semi-agressif
- Régime
- Omnivore
- Difficulté
- Exigeante
Reconnaître le mâle et la femelle
Le sexe reste difficile à déterminer visuellement, surtout chez les jeunes : les différences de taille et de développement des nageoires se chevauchent. Chez des adultes reproducteurs, l’observation de la papille génitale et du rôle pendant la ponte est plus informative qu’une couleur supposée propre à un sexe.
Rangée avec les cichlidés d’Amérique.
Valeurs en aquarium
Fourchettes indicatives pour un aquarium domestique. Elles varient selon les sources, les souches d’élevage et l’origine des animaux ; le contexte de chaque valeur est donné dessous.
- Température24 à 28 °C
La plage aquariophile correspond à une eau tropicale ; les descriptions de milieu naturel ne garantissent pas une tolérance durable à ses extrêmes.
- pH6 à 7,5
Les références aquariophiles décrivent une eau légèrement acide à proche de la neutralité ; la stabilité et l’eau d’élevage doivent guider l’acclimatation.
- Dureté totale (GH)1 à 10 °dGH
Le GH mesure la dureté totale de l’eau ; les références aquariophiles privilégient une eau douce à modérément minéralisée.
- Taille adulte17 à 25 cm
FishBase indique 17,1 cm de longueur standard, sans la caudale ; les références aquariophiles annoncent jusqu’à environ 25 cm, avec une convention de mesure parfois moins explicite.
- Volume conseillé600 L ou plus
Ce repère prudent concerne le groupe minimal adulte, avec une large surface au sol ; les références décrivent aussi le bac par ses dimensions plutôt que par son seul volume.
- Longueur de bac180 cm ou plus
La longueur doit s’accompagner d’une largeur suffisante pour les déplacements du groupe et les retraits des dominés.
- Groupe6 individus ou plus
Seriously Fish conseille un groupe de congénères ; davantage d’individus demandent davantage d’espace et ne doivent pas être ajoutés au volume minimal sans réévaluation.
- Longévité en aquarium10 à 15 ans
Cette estimation aquariophile est peu documentée pour l’espèce ; une seule référence du catalogue est retenue ici, et aucune durée individuelle n’est garantie.
Un grand bac avec du sable accessible
Pour Geophagus sveni, prévoyez au moins 600 L et 180 cm de longueur pour un groupe de 6 adultes. La surface au sol compte particulièrement, car les poissons y cherchent leur nourriture et s’y croisent régulièrement. Un aquarium haut et étroit limite ces déplacements, même lorsque son volume paraît généreux. Les jeunes peuvent sembler peu encombrants en magasin, mais leur achat engage la place disponible à l’âge adulte.
Recouvrez les zones de recherche alimentaire de sable fin non coupant. Geophagus sveni aspire le substrat, le trie en bouche et rejette les particules qu’il ne mange pas. Les gros graviers empêchent ce tri et les matériaux abrasifs exposent la bouche à des blessures. Posez les éléments lourds sur un support stable avant d’ajouter le sable, car les fouilles peuvent dégager leur base.
Disposez les racines de façon à couper certaines lignes de vue tout en conservant des passages larges. Un poisson dominé doit pouvoir quitter une interaction sans se retrouver coincé derrière une pierre. Fixez les anubias ou les fougères de Java sur les supports, avec leur rhizome hors du sable. Une filtration mécanique accessible facilite le retrait des particules que le groupe remet régulièrement en suspension.
Une eau tropicale peu minéralisée
Les repères aquariophiles pour Geophagus sveni se situent autour de 24 à 28 °C, avec un pH de 6 à 7,5. Cette plage ne signifie pas qu’il faut déplacer régulièrement la température ou l’acidité entre leurs limites. Demandez les paramètres du bac du vendeur afin d’organiser une acclimatation adaptée à la souche. Une provenance annoncée du Paraná doit faire vérifier l’identification, puisque cette espèce est décrite du Tocantins.
Visez une dureté totale, appelée GH, d’environ 1 à 10 °dGH. Ce géophagus est associé à des eaux peu à modérément minéralisées ; une eau très dure ne devient pas adaptée en abaissant seulement son pH. Si votre eau du robinet s’éloigne nettement de ces repères, faites préparer un mélange reproductible plutôt que de multiplier les corrections ponctuelles.
Geophagus sveni fouille beaucoup et peut rendre visibles les particules présentes dans le sable. Réglez la circulation pour les entraîner vers la filtration sans supprimer toutes les zones calmes au fond. Surveillez particulièrement la respiration et l’appétit lors des fortes chaleurs, lorsque l’oxygène disponible diminue. Un groupe de grands adultes demande une eau bien oxygénée et un entretien ajusté à sa charge réelle.
Des aliments accessibles au fond
Geophagus sveni consomme de petites ressources animales et de la matière organique récoltées en fouillant. En aquarium, proposez des aliments complets coulants dont les particules restent faciles à prendre en bouche. Alternez avec de petites proies adaptées, comme des artémias ou des daphnies, pour varier les textures. Les morceaux volumineux conviennent moins à sa manière de trier le substrat.
Répartissez la ration quotidienne en petits repas selon l’âge et l’état corporel, plutôt qu’en une grosse distribution concentrée au même endroit. Dispersez les aliments sur plusieurs zones ouvertes afin que les dominés puissent manger sans traverser le territoire d’un poisson insistant. Observez chaque individu : un ventre qui se creuse alors que les autres grossissent peut révéler un accès inégal à la nourriture.
Le fait de tamiser le sable ne garantit pas que le poisson y trouve une ration suffisante. Geophagus sveni doit recevoir une alimentation destinée au groupe, même lorsqu’il partage l’aquarium avec d’autres espèces. Ajustez la quantité à ce qui est effectivement pris et à l’évolution de la silhouette. Un refus persistant de manger demande l’avis d’un professionnel, sans déduire une maladie du seul comportement.
Un groupe actif avec une hiérarchie
Maintenez au moins 6 Geophagus sveni dans l’espace prévu pour les adultes. Ces poissons forment un groupe avec des rapports de dominance, plutôt qu’un banc qui reste constamment serré. Vous les verrez se disperser sur le fond, se rapprocher pour manger et effectuer de brèves poursuites. Les relations évoluent avec la croissance et la formation éventuelle de couples.
Une parade ou une poursuite courte n’a pas la même portée qu’un poisson empêché de manger à chaque repas. Observez où les individus se reposent et s’ils peuvent rejoindre une zone ouverte sans être immédiatement chassés. Des obstacles visuels peuvent réduire la pression, à condition de ne pas transformer le bac en succession d’impasses. Ajouter d’autres cichlidés territoriaux complique cette organisation.
Geophagus sveni occupe surtout la partie basse, mais il peut monter chercher un aliment. Des colocataires calmes, trop grands pour être avalés et adaptés à la même eau, utilisent plus facilement les zones libres au-dessus de lui. Les petites crevettes et les très petits poissons risquent d’être consommés. La réputation de géophagus relativement paisible ne supprime ni la prédation opportuniste ni la défense d’une ponte.
Une reproduction possible, sans couple garanti
Geophagus sveni est décrit comme un incubateur buccal larvophile : les œufs sont d’abord déposés sur un support, puis les jeunes sont pris en bouche après leur éclosion. Un couple peut nettoyer une pierre ou une surface dégagée avant la ponte. La coloration et les interactions changent parfois à cette période, mais elles ne suffisent pas à confirmer qu’une reproduction aboutira.
La défense du site peut déplacer les autres membres du groupe vers les extrémités du bac. Conservez des zones de retrait et observez l’accès à la nourriture des poissons écartés. Un couple formé dans le groupe n’est pas assuré de rester stable après un transfert ou une modification du décor. Évitez donc d’acheter des jeunes en supposant que leur sexe ou leur future entente sont déjà connus.
Les jeunes libres ont besoin d’aliments très petits, accessibles près de leur zone de rassemblement. Leur survie est incertaine dans un aquarium communautaire, où d’autres poissons peuvent les capturer. Avant de chercher à produire une portée, prévoyez des possibilités d’accueil pour des poissons qui deviendront grands et sociaux. Les appellations commerciales ambiguës demandent aussi de vérifier l’identité des deux parents.
Le bac type pour Géophagus à tête rouge
- Volume
- 720 L ou plus
- Longueur
- 200 cm ou plus
Gardez une large plage de sable fin non coupant, séparée par des racines et quelques pierres stables posées sur le fond du bac. Orientez le rejet pour oxygéner l’eau sans créer un courant violent sur toute la zone de fouille.
Plantes : Anubias barteri, Microsorum pteropus, Bolbitis heudelotii.
Un groupe de 6 Geophagus sveni, sans autre grand cichlidé dans cet exemple, laisse davantage de place aux relations sociales et à un éventuel couple reproducteur.
Un point de départ à adapter à votre eau, à votre filtration et au caractère de chaque animal.
Avec qui le faire cohabiter
Des repères généraux, à confirmer selon votre eau, votre volume et le caractère de chaque individu. L’outil de compatibilité des poissons détaille les raisons.
Souvent compatibles
- tétra du CongoDes adultes peuvent occuper le milieu de l’eau et partager une eau tropicale peu minéralisée ; leur propre groupe et leur espace de nage doivent être ajoutés au dimensionnement du bac.
- tétra diamantLes adultes suffisamment grands peuvent utiliser la partie médiane sans défendre le sable ; évitez les petits jeunes face à des géophagus adultes.
- ancistrusUn adulte dispose d’une taille et d’une protection corporelle qui limitent la prédation ; prévoyez des abris distincts des surfaces de ponte des géophagus.
À confirmer
- scalaireL’eau peut convenir aux deux espèces, mais les scalaires reproducteurs défendent un territoire et les deux populations demandent un aquarium sensiblement plus grand.
- corydorasIls recherchent eux aussi leur nourriture au fond ; la concurrence alimentaire et les poursuites autour d’une ponte peuvent les désavantager.
- acara bleuCe cichlidé utilise également les zones basses et devient territorial en reproduction ; sa présence réduit les possibilités de retrait du groupe.
À éviter
- crevette ceriseSa petite taille l’expose à la consommation lors des recherches alimentaires des géophagus.
- néon bleuSa petite taille augmente le risque de prédation et sa maintenance habituelle plus fraîche ne correspond pas bien à celle de ce grand géophagus.
- mbuna du MalawiCes cichlidés demandent généralement une eau plus dure et alcaline, avec une territorialité qui complique fortement la vie du groupe de géophagus.
Confusions et idées reçues
On entendLe géophagus à tête rouge, c’est forcément Geophagus sveni.
En réalitéCette appellation commerciale désigne plusieurs poissons et apparaît souvent pour des géophagus du groupe Tapajós. Geophagus sveni vient du bassin du Tocantins ; une étiquette « tête rouge » seule ne garantit donc pas son identité.
On entendIl vient du Paraná, comme tous les géophagus de cette région.
En réalitéLes références taxonomiques rattachent Geophagus sveni au bassin du Tocantins, au Brésil. Le Paraná correspond notamment à d’autres géophagus, dont Geophagus taeniopareius n’est pas davantage un représentant : vérifiez toujours la localité associée au nom scientifique plutôt qu’une origine sud-américaine générale.
On entendIl est petit en magasin, je peux en prendre juste un.
En réalitéLes jeunes vendus en magasin ne montrent ni leur encombrement adulte ni toute leur organisation sociale. Cette espèce se maintient en groupe, avec assez de place pour qu’un individu dominé puisse s’écarter.
Mini-quiz
Question 1 sur 3
Quel sol permet à ce géophagus de chercher sa nourriture ?
Voir la réponse
Réponse : Du sable fin. Ce géophagus prend du sable en bouche et le trie pour récupérer des aliments. Un sable fin non coupant lui permet d’effectuer ce comportement.
Question 2 sur 3
Comment installer les géophagus de cette fiche ?
Voir la réponse
Réponse : En groupe dans un grand bac. Geophagus sveni établit des relations de dominance au sein de son groupe. Un grand aquarium et des obstacles visuels permettent aux poissons de s’éloigner les uns des autres.
Question 3 sur 3
D’où vient Geophagus sveni ?
Voir la réponse
Réponse : Du bassin du Tocantins. Geophagus sveni est un poisson d’eau douce du bassin du Tocantins, au Brésil. Son origine aide à le distinguer d’autres géophagus vendus sous des noms proches.
Questions fréquentes
Puis-je garder un seul Geophagus sveni ?
La maintenance habituelle repose sur un groupe, car ces géophagus développent une hiérarchie entre congénères. Un individu isolé ne bénéficie pas de ces interactions. Si votre aquarium ne peut pas accueillir le groupe adulte, choisissez une espèce plus petite plutôt que de réduire le nombre de géophagus.
Va-t-il arracher toutes mes plantes ?
Geophagus sveni remue surtout le sol en cherchant sa nourriture, ce qui peut déchausser les plantes récemment installées. Les anubias et les fougères de Java fixées sur des supports restent hors de cette zone de fouille. Les plantes enracinées demandent une protection de leur pied qui ne réduise pas toute la surface de sable libre.
Pourquoi un poisson reste-t-il dans un coin ?
Chez cette espèce, un individu dominé peut être tenu à l’écart du groupe ou de la nourriture. Vérifiez les poursuites, l’accès aux repas et les possibilités de se soustraire au regard des autres. Un isolement persistant, une respiration inhabituelle ou un refus de manger justifient l’avis d’un vétérinaire formé aux poissons ou d’un professionnel aquariophile.
Sources
- FishBase, Geophagus sveni fishbase.se
- Aquaportail, encyclopédie aquariophile aquaportail.com
- RSPCA, Fish environment (installer l’aquarium) rspca.org.uk
- RSPCA, Fish company (faire cohabiter les poissons) rspca.org.uk
Rédaction d’Aquanoo. Faits relus le , prochaine revue prévue en .
Chaque valeur chiffrée a été comparée aux sources citées par une seconde relecture. Ces pages synthétisent des sources publiques sans en reprendre le texte ; pour la santé d’un poisson, adressez-vous à un vétérinaire formé aux poissons.